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A la recherche de l'Unité et de l'Absolu

  • 11 sept. 2024
  • 10 min de lecture

Cette publication a pour but de prendre conscience de nos fonctionnements racines, afin de mieux nous sentir en ce monde et de pouvoir agir dans un profond humanisme ; et de ce fait d'être apte à admettre certains comportements humains qui nous apparaissaient incompréhensibles jusque là, de pouvoir accepter ce qui est, voire de pouvoir pardonner lorsque l'on est touché personnellement.

 

Il faut savoir que de manière totalement inconsciente dans l’incarnation, tout être humain est mû par deux moteurs qui conditionnent toute son existence et façonnent sa façon d’appréhender la vie.

 

Pour les comprendre, observons d'abord l’effet recherché dans les méditations et les pratiques spirituelles : on aspire quelque part à se détacher de la forme et de l’identification, à rejoindre un espace impersonnel.

 

On pourrait dire : à rejoindre un état de permanence, comprenant de façon concomitante une notion d'« Absolu » et une notion d'« Unité » avec tout, deux principes qui sont les caractéristiques principales du non manifesté dont nous sommes issus.

 

L’Absolu, cela correspond à la notion humaine d’idéal et de perfection, état impossible à réaliser sur Terre en continu ; quant à l’Unité c’est le fait que tout est Un, que rien n’est séparé et ne peut l’être, une évidence qui s’impose à nous de plus en plus aujourd’hui par la science.

 

Tout cela représente un espace de permanence intemporelle qui existe aux tréfonds de nous et s’y reconnecter fait partie intégrante de la recherche d’expression de notre Être durant notre passage sur Terre.

 

Car dans l’incarnation et au delà de l’amnésie dont nous nous sommes dotés, l’âme a gardé en stigmate cet état de grâce dans laquelle elle se trouvait, tel un instinct spirituel à suivre.

 

Et elle cherche alors à le recouvrer à travers tout ce qu’elle vit. C’est ainsi que par le biais de nos choix et de nos actions, nous avançons dans la vie avec un sens viscéral de cet état.

 

Comment cela se traduit-il ? 

 

Pour l’Absolu, c’est la soif d’idéal et de perfection à laquelle tout être humain aspire.

Comme tout est impermanence dans ce monde, l’être humain cherche à y instaurer un semblant d’Absolu, c'est à dire de permanence en essayant depuis toujours de dominer et de maîtriser son environnement ainsi que la portée de son action dans le monde.

 

Concrètement et à défaut de ne pouvoir instaurer l’Absolu dans l’ensemble de son existence, chaque Être définit inconsciemment un espace dans lequel il va pouvoir réaliser sa quête.

 

Quant à l’Unité, c’est à travers la relation au vivant, c’est-à-dire principalement dans les relations humaines que nous pouvons approcher d'une sensation d’Unité.

Nous répondons à ce besoin en cherchant d’une façon ou d’une autre le contact avec l’autre, à être toujours en relation et à l’extrême de ne faire qu’un avec l’autre, de se fondre en l’autre, voire à s’inter-pénétrer physiquement par l'acte sexuel.

 

Tout cela se vit à plusieurs niveaux, depuis le niveau le plus ancré dans le matérialisme au travers de la possession, jusqu’au niveau le plus éthéré dans la relation à Soi et à l’autre, en passant par le niveau où cela s’exprime par l’action.

 

C’est par la conscience que nous progressons dans cette recherche et nous sommes appelés à évoluer d’un état d’incarnation basique à un état d’incarnation divine.



Triangle de vérité



Pour opérer une bonne lecture de ce schéma, partons de la base du triangle représentant l’incarnation dans sa forme la plus inférieure :

 

L’Avoir :

Plus notre conscience est basique, c’est-à-dire ancrée dans le terrestre et dans l’incarnation, plus notre recherche de permanence à tendance à se traduire par la maîtrise de la matière, qui entraîne le besoin de posséder afin de pouvoir agir dessus personnellement. Quant à notre recherche d’Unité elle se manifeste dans le contrôle de la relation à l’autre.

 

Dans la maîtrise de l’environnement lié à ce premier niveau, il y a toujours un espace que l’on se fait un devoir de maintenir dans un principe d’Absolu, avec un souhait d’éternité, en tentant de le maintenir comme si rien ne changeait, comme si cela devait être un espace immuable et intemporel.

 

Chaque humain se situant à ce niveau, s’attache alors à maîtriser un espace physique plus ou moins important selon le pouvoir dont il dispose. Il impose sa patte dans cet espace avec la volonté d’un contrôle total et unilatéral ; et pour ce faire, le mieux et de le posséder, d’où notre recherche pulsionnelle de possessivité.

 

Cela va d’un ensemble qui peut être grand : un domaine, une usine voire un pays, à un espace plus réduit : sa maison ou son jardin, voire juste sa voiture, sa salle de bain, son apparence vestimentaire, etc. En général, le domaine d’intervention ne se limite pas à un seul espace et peut se composer de plusieurs éléments.

 

Cela se remarque souvent dans le discours, ce sont des personnes qui appuient bien sur le fait qu’elles « possèdent quelque chose » (j’ai une usine, … j’ai un commerce, … j’ai une belle maison, … j’ai un beau  jardin, … j’ai une belle voiture, etc.).

 

Au niveau humain, cela se révèle dans la façon dont sont décrites les relations, toujours par le principe d’avoir : « j’ai une belle femme, … j’ai de beaux enfants, … j’ai de bons amis, … j’ai des adjoints efficaces, … j’ai un chien intelligent, etc ».

Qui ou quoi que ce soit dont il est question, le sentiment d’Unité est caractérisé par le fait d’en posséder ou pas la maîtrise.

 

Il est notable de constater que la possession est souvent qualifiée à partir de termes purement subjectifs tel « beau ou belle », affirmés telle une évidence. Il semble que s’exprime là surtout une satisfaction de résultat dans la maîtrise de l’absolu (ou du moins de sa sensation) : la beauté signifiant alors une perfection certaine.

 

Le sentiment de perfection s’exprime lui souvent par la notion de propreté : avoir une maison "propre", un jardin "propre", une voiture "propre", voire se sentir soi-même "propre" ; le mot propre ne signifiant pas seulement "bien nettoyé" mais aussi "physiquement impeccable", c’est-à-dire en parfait état visuel et de fonctionnement.

 

Cela se traduit différemment selon le choix d’investigation de l’être : pour une personne, ce sera la moindre poussière accumulée qui appellera l’aspirateur, pour une autre, l’herbe dans le jardin qui dépassera une certaine hauteur déclenchera le démarrage de la tondeuse. Pour une autre, une odeur corporelle ressentie et c’est la douche obligatoire, ou une tâche sur la carrosserie de la voiture et c’est la visite programmée au centre de lavage auto.

 

C’est à ce niveau que l’on trouve souvent les gestionnaires de biens, qui peuvent ainsi faire appliquer leur conception d’absolu et d’Unité autour d’eux, dans un espace maîtrisé.

 

Ce sera par exemple un chef d’entreprise qui peut ainsi contrôler ce qu’il produit, la façon dont cela est produit, et également gérer le facteur humain pour le diriger comme il pense que ce sera le mieux dans sa vision d’Absolu.

 

A ce stade là, la recherche de l’Unité et celle de l’Absolu sont souvent différenciées dans les faits : la maîtrise du potentiel matériel et celle du potentiel humain sont indépendantes car elles n’ont pas besoin de se vivre de manière corrélée.

 

Tout se passe au niveau de la matière, de la physicalité, du corporel. C’est une dimension où le sexe a une forte importance comme instrument de pouvoir et de gestion de la relation.

 

Le faire :

Avec le faire, nous quittons la dimension de la pure matérialité pour entrer dans celle du cœur par le biais de l’émotionnel : on choisi parce que l’on aime "faire" et "faire avec". L’émotion c’est ce qui met en mouvement.

 

A ce niveau, ce n’est plus à travers la maîtrise des choses et des personnes que cela se joue, mais dans la maîtrise et l’expression d’un savoir-faire, ainsi que d’une volonté expérientielle jusque dans les relations. 

 

Les personnes concernées exposent donc leur besoin d’Absolu à travers le « faire », dans l’action, la création, la fabrication. Elles ne disent pas : « J’ai un boulot plaisant », mais « je fais un boulot plaisant ». C’est là où on trouve les artisans, les créateurs, les artistes, etc.

 

Au niveau de la quête de l’Unité, on « réalise » des rencontres, on développe des relations, on occasionne des expériences relationnelles dont le but n’est pas de garder l’autre sous contrôle mais d’être en action concrète avec lui pour instaurer un sentiment d’harmonie.

 

Cela se répercute souvent dans la profession choisie : sont concernés les métiers du social, de la vente, de la communication, de l’éducation - c’est-à-dire les métiers en relation avec l’autre ou ayant un impact sur l’autre.

 

On trouve également des dirigeants à ce niveau là et des personnes se comportant par autorité, car lorsqu’on commande, on peut plus facilement faire appliquer sa conception d’absolu et d’Unité autour de soi.

 

Cela peut aller du chef d’une nation au travers de sa politique pour tout un peuple, à un chef de famille par le biais de son comportement au sein du couple ou de la famille.

 

Il est à remarquer qu’à ce niveau là, la recherche conscientisée de l’Unité et celle de l’Absolu se rapprochent et s’associent souvent dans les faits, à travers une activité permettant à la fois un espace de créativité personnelle et une dimension de relation à autrui : publiciste, enseignant, acteur, médecin, etc.

 

L’Être :

A ce niveau là de conscience, la recherche de l’Unité et celle de l’Absolu sont intimement liées car la conscience est ouverte à un haut niveau d’humanisme.

 

L’important est l’état d’Être et la recherche d’Unité et d’Absolu se joue alors dans la relation à l’autre et au monde, par un besoin d’authenticité totale, vécue et ressentie.

 

La demande relationnelle est plutôt exigeante et ne se satisfait pas d’à-peu-près, car on ne cherche plus dans l’autre une reconnaissance ou un faire-valoir, mais une équité de valeurs et d’intentions. Les personnes qui vivent en majeure partie dans cet espace se confrontent souvent à de grosses difficultés pour vivre des relations satisfaisantes, elles espèrent croiser leur alter-ego un jour. 

 

Pas de chef à ce niveau là, mais des maîtres, des enseignants, des guides, car cet espace d’expression se place dans la dimension spirituelle de l’être.


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Les 3 étages ne sont nullement séparés et chacun peut se reconnaître vivre à plusieurs niveaux et dans plusieurs dimensions. Cela est juste car on ne correspond que très rarement à un même niveau d’action dans tous les moments et tous les domaines de sa vie.

 

On se découvre ainsi vivre sur plusieurs niveaux qui se recoupent mais à des degrés d’intensité différents, selon les situations. Quoi qu’il en soit, à un instant T, il y a toujours un niveau prédominant chez chaque personne, niveau qui conditionne sa vie : par l’avoir, le faire ou l’être.

 

La logique de l’évolution voudrait que nous montions les différents niveaux au cours de notre vie pour nous concentrer finalement sur l’Être et son expression, mais force est de constater que beaucoup de personnes se cramponnent au niveau de l’avoir jusqu’à la fin de leur vie.

 

Cette quête s'accompagne d'un effet préjudiciable non désiré : son caractère inconscient a souvent tendance à conduire au jugement. Par exemple une personne "A" pour qui avoir une maison "propre" est essentiel, va juger négativement une personne "B" qui ne place pas sa recherche d’Absolu à ce niveau là, ou qui ne le fera pas selon les critères de "A".

 

Pourquoi un jugement négatif ? Parce que pour "A", le fait de maintenir une maison "propre" ne peut être qu’une vérité absolue puisqu’elle le fait naturellement. Il est rare d’avoir conscience de son fonctionnement au point de pouvoir relativiser pour les autres.

 

Heureusement - si l’on peut dire -, la peur d’être jugé conduit le plus souvent chacun à faire comme tout le monde, du moins comme ce que l’on pense que la majorité veut. Cela revient à uniformiser intentionnellement nos façons d’être et d’agir dans l’existence, inhibant de ce fait l’originalité de chaque personne et standardisant la société.

 

Egalement, cela entraîne quelques difficultés au niveau relationnel. Lorsque l’autre ne fonctionne pas de façon identique, alors la joie de cohabiter se transforme parfois en véritable calvaire pour la personne qui ne supporte pas une autre conception de l’Absolu et de l'Unité que la sienne. Cela ne s’adresse pas uniquement à ceux que l’on qualifie de perfectionnistes ou de méticuleux, cela concerne tout le monde mais à des niveaux plus ou moins élevés.

 

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Chacun se positionne dans la vie selon l’avancée de son chemin, et vous comprendrez qu’il n’y a pas de jugement négatif à apporter à cet état de fait, c’est dans l’ordre des choses liées à l’incarnation. Chaque humain le transcrit comme il le veut et souvent comme il le peut, avec toute la maladresse liée à l’inconscience ou la dureté liée à un mal être dans l’existence.

 

A quoi cela peut il bien servir de prendre conscience de tout cela ?

 

Simplement à comprendre que tous les Êtres humains sans exception suivent la même voie par essence, ils sont dans la même démarche mais l’expriment de façon plus ou moins contrastée en fonction de leur niveau d’évolution.

 

Notre naturel divin étant la bienveillance et l’Amour, cela signifie que ceux qui manifestent leur recherche d’Absolu et d’Unité de façon plutôt autoritaire et agressive se trompent non pas dans leur but, mais seulement dans leur façon d’essayer de l’accomplir.

 

Cela permet de comprendre tous les errements liés à l’évolution nécessaire de l’espèce que nous humains rencontrons depuis le début de notre tentative d'organisation d'une civilisation.

 

Nous sommes invité à prendre conscience que toute la violence qui a déferlée sur ce Monde et qui fait acte encore, n’est pas due à une perversion de l’esprit humain, mais simplement à une erreur d’aiguillage liée à la lenteur d’évolution d’une partie d’entre nous.

 

Comprendre, même s’il ne faut pas accepter de s’y soumettre, que tous ceux qui font acte de violence sont juste dans l’erreur, quel que soit leur degré : depuis le conjoint violent dans son couple jusqu’au dictateur réputé sanguinaire dans son pays.

 

Car que cherche un chef d’état dictateur en fait ? Simplement à instaurer sa vision de l’Unité et de l’Absolu dans son espace maîtrisé, comme chacun de nous le fait dans sa propre vie. Sauf que pour lui, son espace c’est tout un pays et il peut donc le faire appliquer à toute une nation.

 

Avant de juger et de critiquer un chef d’état, soyons honnête envers nous-même : si nous étions à ce poste, quelle serait la vision d’Absolu et d’Unité que nous suivrions ? La nôtre, bien entendu ! Etes vous sûr de mieux faire au final ? Où vous mènerait votre volonté d’appliquer votre vision de l’Absolu et de l’Unité ? Et où cela mènerait il les autres ?

 

Il n’y a pas de personnes malsaines au fond d’elles, il n’y a que des personnes en cheminement évolutif plus ou moins rapide, plus ou moins opportun, plus ou moins cohérent.

 

Prenons le cas d’Hitler par exemple : il a appliqué une vision de l’ordre et de la cohérence correspondante à son désir d’Absolu et d’Unité, et cela a conduit son peuple à la catastrophe et le Monde entier avec lui.

 

Mais au fond de lui, sûrement qu’il croyait profondément en ce qu’il voulait instaurer, il devait avoir l’intime conviction de bien faire. Ce qui est dommageable, c’est que quelqu’un qui a une telle vision avec si peu de conscience, arrive à un tel niveau de pouvoir.

 

Alors pour élire un haut responsable, il vaudrait mieux regarder non pas seulement sa capacité gestionnaire, mais surtout son ouverture d’esprit et le travail qu’il a fait sur lui même.

 

Il importe donc, quel que soit notre niveau d’action en ce Monde, de maintenir notre conscience dans un état évolutif afin que notre impact soit le plus en harmonie avec notre environnement, dans un profond humanisme.



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